Histoire de Chloé

L’anecdote que je vais vous narrer s’est passée en 1989. Chloé était une jeune fille de 12 ans qui était au cours des enfants. Elle était ceinture verte, et pratiquait d’une manière assez tonique, et encore, le terme est faible… Elle aimait en particulier les randoris qui se rapprochaient de la réalité. Un jour, je la vois arriver au cours et se diriger vers moi avec un large sourire.

– Tu m’as l’air de bien bonne humeur Chloé.

– Oui, Jean-Pierre, je me suis fais attaquer à la sortie du collège.

– Ah bon ? J’imagine en voyant ton sourire que cela s’est bien passé. Comment t’a-t-il attaqué ?

– Ne dis pas « il » au singulier, mais au pluriel.

– Tu veux dire qu’ils étaient deux ? Tu t’en es bien tirée, bravo !

– Non ils n’étaient pas deux.

– Trois ? Dis donc c’est vraiment super que tu les aies maîtrisés.

– Non, pas trois, plus.

À ce moment-là, je commence à me poser des questions ! Comment a-t-elle pu bien faire, à 12 ans pour se défaire de plus de 3 agresseurs ?

– Mais alors, combien étaient-ils ?

– Sept, et des plus grands que moi, en plus !

-………… !

Je reste interloqué. J’imagine la scène, et ai bien du mal à imaginer ce qu’elle a pu faire contre sept…

– Sept ! Mais qu’est-ce que tu as fait Chloé ?

Et d’une voix angélique elle me répond comme si j’avais posé une question idiote :

– Mais, exactement ce que tu nous as dit en cours Jean-Pierre !

– Et qu’est-ce que j’ai dit ? (Là je fouille dans mes souvenir pour essayer de me souvenir ce que j’ai bien pu dire qui puisse la tirer de là !)

– À savoir ?

– Eh bien, j’ai marché tout droit sans baisser les yeux vers le plus grand, le plus fort de la bande, et je lui ai fichu un grand coup de genoux entre les jambes ! Il est tombé raide et tous les autres sont partis en courant, exactement ce que tu avais dit !

Connaissant Chloé, j’imagine que le gaillard en question se tient encore l’entrejambe !

Certes cette aventure ne relève peut-être pas de la plus haute spiritualité. Mais cela fait aussi partie de l’aïkido de s’adapter aux situations qui se présentent et de trouver la réponse là mieux adaptée, ce qui en l’occurrence était sans doute le cas…