La compétition

Dans un monde où quasiment tout est fondé sur la compétition, il est bon qu’une petite voix se fasse entendre, pour dire qu’un autre chemin existe. La compétition règne en maître dans la majorité des domaines. Dès l’école, nos enfants apprennent sa dure loi : malheur à celui qui traîne en queue de classe… Dans la vie professionnelle, la compétition continue, il faut se battre pour garder sa place et gravir les échelons. La base de l’économie moderne tient dans ce mot à haute teneur compétitive : « croissance ». La croissance peut-elle toujours perdurer sur une planète de dimension finie ? Dans la vie sociale, il faut montrer à son voisin qu’on a une plus grande maison, une plus belle voiture, qu’on est parti en vacances plus loin que lui, etc. Sans parler de la compétition contre le temps… Toute la journée on court en regardant sa montre…Bref, la compétition est partout bien présente, c’est le ressort de la société moderne. Cette prédominance crée immanquablement des tensions et génère du stress. Y a-t-il une autre voie ?

Il n’est pas ici question de dénigrer la compétition qui, comme toute chose, a de bons côtés. Elle développe la volonté, le mental, nous entraîne à repousser nos limites et progresser chaque jour. Je me souviens d’une publicité il y a une quinzaine d’années que j’avais beaucoup aimée. C’était une publicité pour une des meilleures marques de voitures sportives qui gagnait régulièrement en compétition. Elle disait : « La seule compétition qui ne finisse jamais est la compétition contre soi-même ». On touche là sans aucun doute le côté le plus noble de la compétition, celui qui nous pousse à progresser, à devenir chaque jour meilleur.

En revanche, la compétition contre les autres dévoile rapidement ses mauvais côtés. J’en veux pour preuve ce que l’on voit dans le cyclisme, pourri par le dopage, ou le football : la toute puissance de l’argent, la recherche de la victoire à tout prix, et le comportement fort peu sportif des joueurs sur le terrain… simulation, agressivité, sans parler de leur attitude qui frise l’hystérie quand ils ont marqué un but. Tous ces joueurs sont-ils conscients de leur responsabilité, de l’image qu’ils donnent à des millions de jeunes qui les regardent et vont reproduire ce comportement dans tous les coins du globe ? Une dimension importante du sport devrait être son aspect pédagogique. Je crains que ce ne soit pas la préoccupation majeure des dirigeants des grandes fédérations sportives…Je préfère nettement l’humilité d’un rugbyman qui lorsqu’il a marqué un essai, pose son ballon, et rejoint calmement son camp, en savourant sa joie intérieurement.

Nous écouterons la semaine prochaine la petite voix de l’aïkido au sujet de la compétition, et découvrirons cet autre chemin dont nous parlions au début de cet article.