L’enseignement traditionnel (3)

Quand l’élève arrive à cette qualité de réception qui le fait devenir Un avec son Maître, nous arrivons alors au degré ultime de la transmission, ce que l’on appelle l’enseignement « inshin denshin », littéralement : « De mon âme à ton âme ».

L’enseignement se passe au delà des mots, de cœur à cœur, sans déperdition, ni erreur possible d’interprétation. La transmission est immédiate, totale. L’élève ressent une incroyable sensation de plénitude. C’est le type d’enseignement qu’a reçu Maître Nocquet au Japon avec Maître Ueshiba. N’oublions-pas que Maître Nocquet ne parlait ni ne comprenait le japonais. Certaines personnes demandaient parfois à Maître Ueshiba comment il pouvait transmettre son savoir à un étranger ne comprenant pas la langue nippone. Alors il répondait : « Je lui enseigne quand il dort… »

Peu de personnes arrivent à une telle qualité de relation avec leur professeur, Maître Nocquet l’exprimait en ces mots que je comprends mieux aujourd’hui : « J’ai passé ma vie à sillonner l’Europe, et à transmettre le message du Maître Ueshiba. J’ai eu un grand nombre d’élèves, et bien si un seul d’entre eux a compris l’aïkido, j’estimerai que ma vie a été bien remplie ». C’est vous dire la difficulté de la tâche…

Maître Nocquet avait cette très belle image pour expliquer ce qu’était l’enseignement de l’aïkido : « L’aïkido est comme la flamme d’une petite bougie qui brille dans le cœur du Maître, et que celui-ci allume dans le cœur de son élève. Ainsi, génération après génération la flamme se transmet ». C’est Maître Ueshiba qui a transmis la première flamme, voilà pourquoi dans un dojo, à travers le professeur, c’est Maître Ueshiba qui est là. C’était une évidence dans les cours que donnait Maître Nocquet.