Les stages (2)

Un autre avantage des stages est que c’est une occasion donnée de découvrir les personnes qui pratiquent au sein même de votre club. Dans nos cités modernes les vrais dojos n’existent plus. On pratique dans des gymnases sans âme, et à la fin des cours chacun prend sa douche et s’en retourne chez lui. Un quart d’heure après le cours la place est déserte. Comment dans ces conditions connaître ceux-là mêmes que vous côtoyez chaque semaine sur le tatami ? C’est vrai que le temps est maintenant devenu un luxe ; finie l’époque où, à la fin de chaque cours, on traversait la rue pour aller boire tous ensemble un pot au bistrot du coin. C’est donc en partant en stage avec quelques pratiquants de votre club que vous allez apprendre à les découvrir, à les aimer, à les apprécier. À mon niveau, en tant que professeur, je ne découvre jamais mieux mes élèves que dans les stages d’été que je partage avec eux. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que lorsqu’on a goûté à des stages, en général on y prend goût, et c’est la raison pour laquelle on retrouve à chaque fois les mêmes qui sont partant pour l’aventure. C’est ainsi qu’au sein du club cela crée un « noyau dur » de pratiquants qui en sont l’âme et le ciment du club. C’est à partir de ce noyau que s’installe un climat, que partent les bonnes idées qui animent la vie du club : sorties, restaurants, fêtes, etc…Un club dans lequel il fait bon vivre, on le doit avant tout aux élèves, pas au professeur. Un des buts de l’aïkido est de nous ouvrir aux autres, donc à ce titre, la participation aux stages devrait être une évidence si l’on comprend l’essence même de l’aïkido. Un élève qui ne va pas en stage me fait penser à un poisson rouge dans un bocal…Un aïkidoka est un poisson libre et heureux qui joue dans les vagues de l’océan…