Transpirer

Il n’y a qu’une manière d’apprendre l’aïkido : avec son corps, intensément. On n’intègre les techniques ni en restant dans un fauteuil à lire un livre ou regarder un film, ni en se frottant le dos contre le dos d’un grand Maître, non. L’aïkido s’apprend sur le tatami, heure après heure.  Maître Nocquet lors d’un stage, alors que tous les élèves venaient de s’asseoir en cercle autour de lui après avoir travaillé une technique, après quelques instants de silence, demanda à son auditoire : « Voulez-vous que je vous montre ce que c’est que l’aïkido ? » Il s’approcha alors d’un pratiquant dont le visage rougi par l’effort dégoulinait de sueur, essuya d’un geste large le front de cette personne du plat de sa main, la montra à tous, puis d’un geste vif la secoua, laissant échapper toute la sueur récupérée. Et ne dit que ces trois mots : « C’est çà l’aïkido ! »

Tout le monde connaît la célèbre phrase de Lavoisier : « Rien ne se crée, tout se transforme. » Cela prévaut également en aïkido : chaque goutte de sueur qui tombe du front, c’est un peu d’aïkido qui rentre. Il n’y a pas d’alternative. Taisez-vous et travaillez. Ne laissez pas le mental venir entraver votre progression. L’aïkido doit descendre dans notre hara, et non remonter dans notre tête.