Plus on avance, plus la vision s’élargit

Quand vous êtes au fond d’une vallée, l’horizon n’est pas très lointain, et votre regard a un champ assez limité. Mais si vous vous lancez dans l’ascension de la montagne, plus vous montez et plus votre regard peut se porter loin.

Je crois qu’il en est de même dans la découverte de l’aïkido, comme dans toute découverte d’ailleurs. Quand on débute, notre vision est assez restreinte, et il est finalement assez aisé de comprendre l’intégralité de ce que l’on perçoit (je ne parle pas des 6 premiers mois pendant lesquels, en général, on patauge allègrement…). Ensuite, plus on avance, et plus notre vision s’élargit. Nous avons alors, au fil des ans, une vision de plus en plus vaste, et malgré les progrès que nous réalisons, nous découvrons l’immensité de ce qui nous reste à découvrir. Nous progressons dans notre apprentissage à un certain rythme, mais la découverte des nouvelles choses qu’il nous faudra apprendre progresse à un rythme encore plus rapide. Ce qui pourrait être exprimé par cette phrase apparemment paradoxale qu’il faut interpréter avec prudence, et ne prendre en aucun cas comme un encouragement à la paresse :

« Plus on avance et moins l’on sait ».

Maître Nocquet allait dans ce sens quand il disait : « Quand vous débutez, pratiquez deux fois par semaine, c’est bien. Au bout de 10 ans, trois fois par semaine, et au bout de 40 ans, pratiquez tous les jours, même le dimanche ». On touche là le sens du « do » : un chemin qui n’a pas de fin. Parce que la quantité de choses que nous avons à apprendre est tout simplement infinie…

Toutes ces raisons font que, plus on est gradé et plus on devrait avoir d’humilité.