La finalité n’est pas de faire tomber le partenaire.

Lorsque nous réalisons une technique d’aïkido, nous éprouvons parfois un sentiment d’échec si le partenaire ne tombe pas à la fin du mouvement. En réalité le fait que l’attaquant tombe ou ne tombe pas est sans importance, la vraie question est la suivante : « ai-je été touché ou non ? ». Sincèrement, qu’est-ce que cela peut-il bien changer pour nous que le partenaire soit debout ou au sol à la fin d’une technique ? (Voir le texte de la semaine prochaine). Il est vrai que notre ego est flatté si l’on voit le partenaire au sol, mais cela est une futilité. Un randori effectué uniquement avec des esquives ne satisfera peut-être pas un jury d’examen, mais sur le plan de l’efficacité ne présente rien à redire.

La finalité du mouvement d’aïkido n’est pas la destruction de l’autre, mais la protection de nos deux vies, la sienne et la nôtre. Si l’on travaille dans cet esprit, cela influera sans aucun doute sur la manière de réaliser nos techniques, et nous rapprochera de la manière juste de pratiquer, c’est-à dire sans but, sans désir.

Il est bien évident que le mouvement d’aïkido correctement réalisé conduit le partenaire au sol, mais lorsque le désir d’efficacité est trop présent dans l’esprit du pratiquant, cela le conduit immanquablement à commettre des erreurs : venir saisir trop tôt, se crisper où travailler en force. Le mouvement d’aïkido doit se réaliser comme un petit enfant lâche une balle : à l’insu de sa volonté. Une erreur courante générée par cette volonté de faire tomber est aussi de fixer son regard sur la partie du corps qui va subir la technique au lieu de le porter dans la direction où l’on guide le partenaire.

Les techniques de l’aïkido sont efficaces, très efficaces. Soyons seulement vigilants sur le sens que nous donnons au mot efficacité et au chemin choisi pour y parvenir…